Préparation du catamaran Lagoon 450 Lipopette pour sa transatlantique aller 2019

Une transatlantique est une navigation longue qui mène la vie dure au catamaran. Cette navigation porte le catamaran loin de son port d’attache et il faut anticiper le maximum pour éviter les pannes et incidents techniques qui pourrait altérer la sécurité du bateau et de son équipage ou qui pourraient retarder l’arrivée aux Caraïbes. Par ailleurs, il faut prendre en compte qu’il ne sera pas toujours possible de réparer en mer ni même facilement aux escales prévues (Canaries, Cap Vert).

Comme disent les vieux marins : En mer, ne pas anticiper, c’est déjà gémir!

Vieux dicton de la marine

Voici, sans prétention d’exhaustivité, la liste des vérifications, améliorations, ajouts, remplacements, entretiens préventifs réalisés pour la préparation de notre catamaran Lagoon 450 pour sa transat.

Vérifications du gréement

La vérification commence par une montée en haut du mat pour une inspection détaillée du gréement et du haubanage. Cette inspection conduit au remplacement par mesure préventive de sécurité de :

  • Antenne VHF
  • Feu de Hune
  • Drisse de spi
  • Balancine

Vérifications de l’état des voiles

Après vérifications de la grand voile et du génois, il est décidé d’amener le génois chez un voilier pour révision et de changer la grand voile par une Grand voile à corne neuve de chez Incidence. Attention, il existe deux formats de voile pour le Lagoon 450, la version standard (à corne) et la version charter (sans corne, donc moins puissante).

Finalement, nous décidons d’acheter également un génois neuf chez Incidence pour avoir une voile de rechange au cas où le génois souffre encore pendant la transatlantique. Le génois neuf est stocké dans le bateau, et le génois révisé reprend sa place sur l’enrouleur.

Le lazy bag fait également un tour chez le voilier car la fermeture Eclair présente des signes de faiblesses. Il est conseillé au skipper pour le préserver du ragage pendant la transat, de le rouler et de le ferler de chaque coté le long de la baume pour qu’il ne subisse pas de frottements inutiles.

Le vit de mulet (pièce reliant la baume au mat) est également vérifié. Cette pièce est commandée car il est préférable d’en avoir une de rechange à bord pendant la transat.

La nouvelle grand voile!

Préparations des 2 moteurs du catamarans

Une grosse révision des 2 moteurs et des embases est engagée avant le départ par un professionnel. Elle se conclue, d’un coté par un changement des cônes d’embrayage et de l’autre, d’un simple rodage de ceux-ci. De plus, nous avons profité de cette révision pour changer l’arbre primaire de l’embase ainsi que le joint spi associé. Pour cela, le bloc moteur (environ 300kg) a du être désolidarisé de l’embase et soutenu au moyen d’un palan. Les techniciens passeront de nombreuses heures à desserrer les écrous des moteurs. Nous ne sommes jamais trop prudent. Tension des courroies, vidanges, liquide de refroidissement. Les échangeurs du circuit de refroidissement avaient déjà été vérifiés au printemps 2019.

Des pièces de rechange sont commandées pour être stockées dans le catamaran en cas de problème ultérieur : huile de moteur, huile d’embase, filtre à gazole, filtre à huile, pré-filtres, pompe de rechange…

Préparation électronique

Comme les concurrents de la Grande Route et du Golden Globe Challenge l’ont encore démontré cette année, il est encore possible de faire le tour du monde sans électronique, mais un peu d’électronique ne fait pas de mal pour ceux qui veulent traverser l’océan atlantique sans pour autant devenir des aventuriers. Voici la préparation que nous avons effectué sur le Lagoon 450 Lipopette.

  • Ajout d’un AIS émetteur/recepteur : notre Lagoon 450F était seulement équipé d’un récepteur. Pour une grande traversée, c’est tellement mieux. En plus, cela permet d’être visible sur le site internet Marine Traffic (comme un grand, la classe!).
  • Installation d’un IPAD de navigation en « back up » de notre GPS TRACEUR. Notre GPS traceur RAYMARINE est déjà installé sur le flybridge du catamaran, et l’IPAD sera réservé à la navigation à l’intérieur du bateau sur la table à carte. Cerise sur le gâteau, grâce au nouveau AIS émetteur installé qui fait en quelque sorte « modem », et l’installation d’une application RAYMARINE, l’IPAD devient un répétiteur de la centrale de navigation. Ainsi le skipper peut emporter l’IPAD avec lui dans sa cabine lors de ses quarts pour surveiller la bonne marche du catamaran.
  • Chargement de l’application NAVIONICS ainsi que des nombreuses cartes :
    • Canaries, Açores, Madère
    • Caraibes et Amérique
    • Europe
    • Africa & Middle East (pour avoir la cartographie du Cap Vert)
  • Installation d’un système IRIDIUM GO : grâce à l’IRIDIUM GO, et divers abonnements téléphoniques par satellite notre IPAD dédié à la navigation peut désormais recevoir des sms, des mails, des appels téléphoniques et surtout recevoir, même au large, les fameux fichiers météos GRIB.
  • Nous avons également acheté l’application pour IPAD, très populaire chez les voileux, Weather4D Routing qui interprète les fichiers GRIB de façon spectaculaire et d’effectuer le routage.

L’énergie à bord

Si la propulsion vélique est le mode principal de déplacement d’un catamaran de croisière, l’énergie à bord est un enjeu vital pour la sécurité à bord. Sans électricité, plus d’électronique (c’est à dire plus de positionnement et plus de bulletins météo au large), plus de feux de navigation, impossibilité de démarrer les moteurs, d’utiliser le guindeau électrique, le déssalinisateur, les pompes de cales électriques…

Voici le détails des opérations de préparations effectuées avant le départ en transatlantique :

  • Les 5 batteries du parc de batteries de services ont été changé avant le départ de la transat par des batteries hybrides de type GEL/AGM. Ces batteries seront rechargées par les panneaux solaires et les alternateurs moteur.
  • Les courroies des alternateurs ont été vérifiées pour être sûr d’avoir une la meilleure capacité de charges (2 autres courroies de rechange ont été embarquées à bord)
  • Le plein de 1000 litres de gazole a été effectué. Il est recommandé au skipper de refaire le plein à Gibraltar (gazole détaxé et dernière escale avant les iles Canaries)

Les équipements de sécurité

Après les vérifications pré-citées concernant la sécurité du bateau, il est temps de penser à la préparation de la sécurité de l’équipage.

  • Une balise de détresse EPIRB obligatoire à plus de 60 milles des côtes permet de localiser (via les coordonnées GPS) le bateau en cas de déclenchement automatique ou manuel et de déclencher les secours. Cette balise est rattachée au bateau avec un code MMSI qui lui est unique.
  • Une balise PLB, est une petite balise qui a la même fonction que la balise de détresse EPIRB. Son avantage est qu’elle est plus petite et qu’elle peut être transportée dans une poche si l’équipage doit quitter le navire. Cette balise sera située dans un « grab bag », sac de survie étanche que l’équipage doit emmener avec lui s’il doit quitter le navire.
  • Un gps portable de secours a également été inséré dans le sac de survie
  • Le radeau de survie avait été révisé en mars 2019 et un sac de survie qui contient le nécessaire pour passer plusieurs jours dans le radeau de sauvetage avec un équipage nombreux est ajouté.
  • Tous les gilets auto-gonflants ont été vérifiés et équipés de flash light.
  • Tous les extincteurs ont été vérifiés
  • Une trousse à pharmacie digne d’un Vendée Globe (plus de 800€ de médicament et un livre de 1er secours) à été constitué selon les instructions du médecin du Rallye des Iles du Soleil auquel prendra part Lipopette à compter du 3 novembre 2019.
  • Vérifications des feux de navigation
  • Etc…

Les éléments de confort

Lorsqu’on réalise une transat en équipage, le facteur humain est sûrement le plus aléatoire de tous pour la réussite d’un tel projet! Il convient donc de ne pas négliger le confort de l’équipage si l’on veut ménager la bonne entente de l’équipage.

Voici la liste des vérifications et améliorations effectuées :

  • Changement du bloc four/gazinière (pour faire du bon pain frais pendant la traversée)
  • Un nouveau détendeur pour la bouteille de gaz a été stocké en cas de défaillance de celui qui est actuellement installé (ce n’est pas toujours facile à trouver même lors des escales, car il existe des standards différents selon les pays)
  • Une bouteille de gaz d’avance a été placée dans un coffre
  • Des tests ont été effectués sur le déssalinisateur
  • Changement de tuyaux d’évacuation et de joints dans les toilettes pour être serein coté hygiène pendant la traversée.
  • Etc…

Bon vent et belle transatlantique Lipopette!

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